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Photo prise par Aurélie - Octobre 2015 - Pour moi. Rien que pour moi

 

Le temps !

Bizarre cette relation au temps tout d’un coup.

Avant c’était un peu « ai-je le temps » ?

Maintenant c’est plus  « aurais-je le temps » ?

Mais le temps de quoi ?

Ce temps qui ne s’évapore pas de la même manière.

Mes questions.

Les questions de l’entourage.

Il y est souvent question de dates, d’heures, d’échéances.

Moi je me laisse porter. Je suis une spartiate docile (oui oui, ça peut exister).

Moi qui avait l’impression « avant » d’être toujours à fond.

Je ne pensais pas que cette parenthèse temporelle soit aussi rythmée !

Et pourtant……

Certes, le rythme a changé, pour tout le monde, la notion du temps aussi, même les lectures en y réfléchissant 2 secondes (je lis du court).

Je n’ai jamais aimé ranconer pourtant maintenant je dois apprendre la patience.

 Ma parenthèse n’est plus rythmée par les horaires de travail, les impondérables du travail, les échéances mensuelles, les entraînements, les plans d’entraînement, les inscriptions, les courses, les jours de ménage.

 J’ai de nouveaux rituels, quotidiens, hebdomadaires, pour marquer ce temps qui passe différemment.

Je n’en suis pas aux rituels mensuels.

Je sais par contre que je ne peux pas trop prévoir. Je m’en suis bien rendue compte. Tout comme vous qui me suivez ici, là-bas, ailleurs…

Je ne prévois pas grand-chose mais je rêve ! Oui, je rêve quand même. Des rêves sans dates. Des rêves sans échéances.

 

Même le temps de Noël va changer. Où serai-je pour Noël ?

Certainement à l’hôpital. Loin de chez moi. Loin de ma famille.

Cette année Noël se fera hors temps.

On va préparer la maison à l’avance, avant que je ne la quitte. On va la décorer. On va lui donner cet air de fête que l’on aime. On va y allumer des bougies un peu plus tôt. On va l’envelopper de douceur. Pour que lorsque je la quitterai, il y ait un peu de moi, un peu de cette douceur en attendant mon retour et qu’on puisse fêter Noël à notre tour….

 

Ce temps qui inquiète. Qui angoisse. Qui nous pousse à consulter. Surtout pour une enfant de 10 ans qui n’a pas au départ la même notion du temps que les adultes. Ce temps qui peut même ramener à des interrogations graves.

 

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 Photo très douce de Sarah, encore pour moi

Alors pendant ce temps, nous essayons de prendre soin de nous.

De nous écouter.

D’essayer de trouver ce qui est bon pour nous pour apprivoiser ce temps entre parenthèse.

 

Nous faisons des albums photos parce qu’on est une belle famille, parce que nous avons vu des choses fabuleuses, pour se souvenir, pour que je puisse emmener avec moi dans ma bulle. Quand l’image renvoyée par la glace ne sera plus la même, que je sache qui je suis vraiment, hors parenthèse.

Qui je suis vraiment pourtant je le lis, je l'entends tous les jours. Dans tous vos témoignages, dans toutes vos attentions.

 

J’apprends à attendre. Cela ne me plaît pas plus qu’avant. Mais je n’ai pas le choix. Par contre je sais m’adapter. Alors je m’adapte.

J’attends qu’on m’appelle pour me donner des rendez-vous.

J’attends qu’on m’appelle pour me fixer des dates d’hospitalisation.

Moi qui ai horreur du téléphone, j’attends qu’il sonne pour qu’on me dise « quand »…..

 

Pendant cette parenthèse je profite, autrement, mais je profite, de tous ces petits bonheurs du quotidien, je continue de rire, de râler, d’aimer…….

 

A ceux qui passeront par-là, continuez à profiter. De chaque instant. Vous verrez, c’est important, même si on ne le comprend pas toujours quand on pense avoir le temps……

Et parce que que le temps passe, c'est aujourd'hui le 92ème anniversaire de ma grand-mère! 

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photo de Manu, toujours pour moi.